Patrick St-Onge - un récit touchant de la vitalité missionnelle au Québec

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Patrick St-Onge et son traducteur le pasteur Ron Rust.

Quel plaisir d’être avec vous ce matin! Êtes-vous bénis?

Je voudrais partager aujourd’hui avec vous la Parole sur le thème de la vitalité. C’est vraiment une joie d’aborder ce sujet. Je remercie l’Équipe dirigeante de m’avoir choisi et pour ce privilège… c’est vraiment une joie.

J’ai à cœur ce matin de vous parler du passé, du présent et de l’avenir. Car si vous voulez aller de l’avant, il faut comprendre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui s’est passé. Tout ce que nous faisons est basé ou fondé sur quelqu’un d’autre. Quelqu’un a bâti un fondement, et nous avons bâti dessus. Tout dépend désormais de notre attitude et de la façon dont nous allons de l’avant.

Il arrive qu’alors que nous exerçons le ministère, Dieu nous fasse sortir de notre zone de confort. Et c’est bien là le plus difficile. Combien d’entre nous savent que nos femmes sont bonnes pour nous sortir de nos zones de confort? J’avais pris du poids et ma femme m’a regardé en disant : « Tu vas changer. » Je me suis dit Bonne chance! Mais ma santé allait en se détériorant. Ma femme m’a dit : « Allons marcher ensemble! » Elle avait un plan. Elle voulait me faire sortir de ma zone de confort, et ça a marché! J’ai perdu 35 livres!

Nos zones de confort sont dangereuses. Nous stagnons faute de savoir en sortir. Et Dieu aime nous amener là où les changements se produisent. Et face aux changements, il est avec nous – tout est par la foi, car Dieu nous pousse dans une certaine direction. Je voudrais lire 1 Samuel 1.1-11.

« Nos zones de confort sont dangereuses. Nous stagnons faute de savoir en sortir. Et Dieu aime nous amener là où les changements se produisent. »

Je voudrais lire 1 Samuel 1.1-11.

C’est une histoire très intéressante. Elle souligne vraiment le fait que Dieu commence souvent avec rien du tout. Dans les Juges, nous avons ce chaos où le peuple d’Israël n’en fait qu’à sa tête, indépendant de Dieu. Puis, dans 1 Samuel, on est encore dans ce contexte chaotique… et Dieu veut agir dans ce chaos. Et il commence par le faire chez cette famille – par une femme. Nous pouvons nous demander pourquoi Dieu commence souvent au cœur même du conflit et de la dysfonction. Mais le fait est que c’est là qu’il agit. Quand les choses sont sens dessus dessous et ne semblent avoir aucun sens, Dieu a un plan. Je ne sais pas où vous en êtes ce matin, mais je sais que, lorsque c’est le chaos dans ma vie, je demande à Dieu ce qu’il est en train de faire en moi. « Qu’es-tu en train d’accomplir? Comment peux-tu tirer quelque chose de bon de ce chaos? »

Je pense à Anne. Elle est stérile. Elle ne vit pas. Elle n’a pas d’identité. Elle a épousé un homme riche et important qui veut avoir des descendants. Mais elle ne lui en donne pas, si bien qu’il décide d’avoir une deuxième femme. Et cela provoque une tension difficile. Peninna montrait ses enfants à Anne, la provoquant ainsi chaque fois. Cette femme a vécu sous une réelle pression… avec de la haine. Elle allait souvent au temple et y passait du temps dans la prière. Le passage nous dit qu’elle pleurait, l’amertume dans l’âme. Vous est-il déjà arrivé de prier avec amertume? C’est vraiment quelque chose. Nous pouvons prier avec larmes, avec beaucoup de difficulté, mais comment prier quand on est dans l’amertume? Quand nous sommes meurtris et que nous sentons la pression monter contre nous? Et en plus, son mari vient la voir et lui dit : « Est-ce que je ne vaux pas pour toi plus que des enfants? » Il ne comprend pas sa femme. Sa rivale la déteste. Et elle vient prier au temple avec une profonde amertume. Et Éli, le sacrificateur, n’a pas davantage compris ce qui se passait; il pense qu’elle est ivre. Il semble que personne dans son entourage n’était capable de la comprendre. Tout comme dans le ministère. Nous voulons que les choses soient bien faites et toutes sortes de pressions sont exercées contre nous quand nous voulons aller de l’avant. Souvent, l’œuvre de Dieu progresse malgré le chaos et en dépit de situations extrêmement difficiles. Même face à la stérilité, Dieu est à l’œuvre. Des choses commencent à se produire… car Dieu agit.

« Souvent, l’œuvre de Dieu progresse malgré le chaos et en dépit de situations extrêmement difficiles. Même face à la stérilité, Dieu est à l’œuvre. Des choses commencent à se produire… car Dieu agit. »

Bien souvent, Dieu veut simplement que nous n’abandonnions pas. Quelle est votre attitude? Allez-vous abandonner et prendre la fuite? Je ne crois pas que cet exemple nous y invite. Anne a été capable d’apporter ce qu’elle vivait à Dieu dans la prière, toute son amertume, et Dieu a exaucé ses prières. Nous connaissons l’histoire de Samuel qui va suivre. Savez-vous que la racine du nom Samuel en hébreu signifie demander? La venue de Samuel sera donc la réponse à la prière d’Anne. Il est aussi une réponse de la prière d’une nation qui avait besoin de direction spirituelle. Ils avaient besoin de savoir que Dieu est vivant. Dieu voulait ramener cette nation à lui-même par l’œuvre qu’il avait ainsi commencée.

Quand nous considérons notre histoire, nous nous souvenons d’Azusa Street et de notre contexte historique. Tout a commencé à Azusa en 1906 avec William Seymour, un homme qui voulait plus que ce qu’il avait connu jusque-là. Il a reçu le baptême du Saint-Esprit, le parler en langues et le ministère de la guérison, qui se sont ensuite propagés à travers le monde. Suite à Azusa, nous avons aussi William Durham à Chicago. Puis Robert McAlister qui fut touché à Toronto et Ottawa et qui a eu un impact sur quelqu’un d’autre à Ottawa. Charles Baker y vivait et fut marqué par l’impact du ministère d’un seul homme. A.H. Argue était alors évangéliste et prêchait lors d’une réunion. La femme de Charles Baker fut profondément touchée et guérie d’un cancer. Le soir où elle fut guérie, elle se mit à parler en langues. La famille Baker fut transformée. Ici, nous voyons une situation de stérilité – plus de vie ni d’espoir, mais la main de Dieu est intervenue. Et un homme fut transformé. Il quitta son travail pour le ministère à temps plein. Après cela, il vint à Montréal pour y fonder Evangel qui allait devenir en quelque sorte l’église mère à Montréal. Evangel est une formidable bénédiction pour cette province, car l’évangile a rayonné au loin à partir de cette église. 

« Quand nous considérons notre histoire, nous nous souvenons d’Azusa Street et de notre contexte historique.  »

Certains Européens ont eu un impact au Québec. Philippe LeBrocq fut un homme bien particulier. Je l’ai connu quand j’étais petit dans les années 70. Il commença l’œuvre francophone par Evangel. Il y eut aussi Louis et Lucille Dutaud. Sa femme fut transformée, guérie et sauvée. Il était pasteur baptiste et sa femme fut guérie. Il a ensuite connu une transition dans son ministère pour œuvrer dans des églises qui avaient vécu le baptême du Saint-Esprit. Et ils ouvrirent la première église de Pentecôte dans les années 80. Et ce furent là nos commencements.

Le Centre évangélique fut une autre église importante ici à Montréal. Le pasteur Lassègues fut l’un de ceux qui eurent le plus grand impact dans les années 40-50. Il venait de Californie et voulait venir dans la belle province du Québec. Il est sorti de sa zone de confort. Il venait d’un endroit où il faisait de 30 à 35 degrés pour descendre à -50! Il était célibataire et bien des femmes avaient les yeux sur lui. Sa mère, qui était mariée, disait à toutes les jeunes filles qu’il ferait un bon mari, mais il resta célibataire jusqu’à la fin de ses jours. Sa vie fut réellement caractérisée par la prière – il vivait pour le ministère. Son successeur fut le pasteur Gilles Gagnon.

Gilles Gagnon fut longtemps le pasteur du Centre évangélique. Il y eut ensuite plusieurs transitions dans cette église qui a maintenant pour nom l’église Gospelvie. Le Centre évangélique fut l’église mère de beaucoup d’autres assemblées à travers la province des années 1940 à 1990. Nous y allions souvent pour les grandes conférences. C’est là que ma mère m’achetait des livres de coloriage… et je dessinais au sous-sol pendant les réunions. Tout le monde y allait. Dans l’ouest, vous avez vos églises comme Agincourt et à Calgary, mais à Montréal, c’était le Centre évangélique.

Puis arrivèrent les collèges bibliques. L’un d’eux fut inauguré en 1941. Walter Bouchard venait de l’Europe, sortant de sa zone de confort pour venir au Canada. Et il était là aux tout débuts de ce nouveau collège biblique. Puis il y eut une expansion. Nous voulons voir des nouveaux croyants entrer dans le ministère. [Le collège était] dans le secteur nord de Montréal qui  ressemblait presque à une forêt. Si vous y allez aujourd’hui, vous verrez que tout est construit. George Upton, qui était responsable des missions outre-mer et le père de Gordon Upton, vint voir ce que Dieu faisait dans le nord de cette province avec Walter Bouchard. Les jeunes frères Vachon y ont étudié et sont devenus pasteurs tout en travaillant dans la première église de Pentecôte. On peut voir qu’ils avaient la vision d’une expansion. Nous voulons sortir de nos zones de confort. Ces hommes ont décidé de servir l’œuvre de Dieu dans le ministère. L’implantation d’églises et l’expansion étaient au cœur même du collège. Il nous fallait aller là où l’évangile n’avait pas été annoncé. Mes parents ont fait partie de cette génération. Ils ont travaillé à ce niveau dans le grand nord, à Québec, Granby puis se sont établis à Laval en 1968.

Vous avez sûrement entendu parler de Robert Argue. Je l’ai connu. J’ai séjourné dans son chalet d’été. Mon père était un de ses bons amis. Robert Argue a initié le programme FLITE (French Language Intensive Training for Evangelism / Formation intensive en langue française pour l’évangélisation). L’idée était de prendre des étudiants anglophones venant de nos écoles bibliques, de les faire venir au Québec, apprendre le français à l’Université Laval à Québec, puis de les lancer dans le ministère. Cela signifiait sortir de notre zone de confort. Apprendre une nouvelle langue représente tout un défi. Aujourd’hui, nous relançons ce programme sous le nom de FIT4M avec Gary Connors. Toute une bénédiction! Mais considérons à présent le fruit de ce labeur. Combien d’églises ont été établies? Grâce au programme FLITE, au moins 20 nouvelles églises fondées alors existent toujours aujourd’hui. Quand nous sortons de nos zones de confort et que nous sommes prêts à nous investir dans un esprit de sacrifice, Dieu accomplit son œuvre.

Mais parlons d’une autre école appelée Formation Timothée. Peut-on applaudir ensemble ce bel homme sur la photo? Nous sommes ici au Carrefour chrétien de la Capitale. Une église des années 80 qui a connu une réelle expansion. Cette église a elle aussi eu tout un impact sur beaucoup d’autres à travers la province. Voici quelques-uns des hommes qui ont œuvré dans cette église à ses débuts. Allen Bowen, Don Martin, Jacques Charbonneau, Clyde Williamson, David Whittaker. Je crois que David Whittaker est lui aussi présent ici avec nous! Paul Corriveau en est le pasteur actuel. La vision de cette église était clairement d’établir une école biblique dans l’église, puis d’équiper des pasteurs avant de les déployer. C’est ainsi que l’église et l’école biblique étaient étroitement liées, ouvrant ainsi de nombreuses églises.

 Puis, en 1997, il y eut la fusion des deux écoles bibliques de la province – le Collège biblique Québec et l’Institut biblique Bérée. Ensuite, il y eut la création de notre nouveau district en 2000, avec les églises de la Conférence française et celles du District de l’est de l’Ontario et du Québec réunies. Nous avons vécu bien des choses. Mais à travers tout cela, il y a toujours eu croissance. Sortir de nos zones de confort.

Anne a vécu dans la stérilité, mais la vitalité a soudain jailli. Il semblait n’y avoir aucun espoir, aucune compréhension; les gens n’avaient aucune vision, et même son mari disait : « Il te faut accepter la réalité! » Même sa rivale disait : « Accepte les choses! Tu n’auras jamais d’enfants! » Mais elle a dit : « Non, je n’accepterai PAS la stérilité. Je ne l’accepterai PAS. J’ai une VISION pour l’avenir. Dieu ne me laissera pas stérile. Il ne me laissera pas dans ma condition. Il me donnera un avenir. Quelque chose de nouveau. Il me donnera un enfant. » Et c’est là le cri profond de mon cœur pour cette province. Nous ne pouvons pas rester où nous en sommes – il nous faut aller de l’avant. 

« Et c’est là le cri profond de mon cœur pour cette province. Nous ne pouvons pas rester où nous en sommes – il nous faut aller de l’avant. »

Mon père [Marcel St-Onge] est venu pour être le pasteur d’une église à Laval en 1968. Nous l’appelions le poulailler. Il y avait une sorte de grillage de poulailler à l’intérieur, recouvert de ciment. C’était un poulailler. Et quand mon père a décidé qu’il fallait transférer cette église à Laval, on lui a dit : « Tu veux transporter ce poulailler à Laval? » Mais ce poulailler a vu pondre beaucoup d’œufs! Il s’est mis à grandir. Puis, en 1978, nous avons dû vendre le bâtiment pour en acheter un nouveau! Et j’ai passé mon enfance et ma jeunesse dans ce nouveau bâtiment. Nous y étions entre 150 et 200 personnes.

L’église a continué de grandir mais nous avons traversé des temps difficiles. En 1988, l’église s’est divisée en plein programme de construction. C’est l’année où j’ai voulu aller à l’école biblique, mais c’était un temps de problèmes financiers terribles à cause de la division. Dieu est à l’œuvre au cœur même du chaos – ce n’est pas nous qui avons le contrôle. Je me souviens distinctement de cette période et de la douleur dans le regard de mon père. Mais il priait malgré l’amertume dans son âme. Et il a vu la main de Dieu à l’œuvre. Cela m’a aidé à aller de l’avant dans le ministère. Même quand les gens passent par des temps difficiles, ils peuvent en sortir plus forts et voir Dieu faire son œuvre.

« Je me souviens distinctement de cette période et de la douleur dans le regard de mon père. Mais il priait malgré l’amertume dans son âme. Et il a vu la main de Dieu à l’œuvre. »

La dernière phase du développement de cette église fut lorsque le troisième bâtiment fut construit en 1989. Nous connaissions de nouveau un temps formidable d’expansion. Et quand j’ai pris le pastorat dans les années 90, nous avons vu la croissance. Nous avons dû alors passer à deux cultes. Et Dieu était constamment à l’œuvre. Mais parfois, Dieu nous bousculait alors qu’il déposait quelque chose de nouveau dans mon cœur. Dieu m’a montré que mon assistant partirait, et que ce serait peut-être pour implanter une église. Et je lui ai dit : « Seigneur, je sens bien que tu nous diriges dans cette direction, mais pas maintenant, s’il te plaît… un peu plus tard. » Puis, je suis allé dîner avec Éric Lafleur, mon assistant. Et il m’a ouvert son cœur. Ce jour-là, nous avons vraiment fait alliance. Nous allions voir une église implantée à Laval. Et l’automne dernier, cela s’est réalisé! Et la vision était d’aller de l’avant! C’était la première fois que nous allions dans cette direction. Il n’y avait pas beaucoup de modèles que nous puissions suivre. J’ai pris du temps avec le pasteur Paul Corriveau à Québec, qui a pris part à certains projets d’implantation, dont celui de Ste-Foy.

Nous nous trouvons donc dans ce contexte. Si nous voulons que Dieu nous bénisse, nous devons quitter nos zones de confort. Dans nos temps de prière, et même dans la souffrance et la prière, Dieu fera naître quelque chose de nouveau… et nous irons de l’avant! Et Dieu est trop bon pour ne pas nous bénir. Il veut vraiment nous amener de l’avant. La prière de mon cœur est que nous puissions travailler ensemble au Québec dans cette direction. Je serai tellement réjoui de nous voir nous unir dans le cadre de notre initiative au niveau du Canada afin de voir de nombreuses églises implantées ici dans cette province! Car nous avons à cœur l’avenir de cette province. D’autres ont pu le faire dans le passé. Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire maintenant? Nous en sommes capables! Ensemble, nous travaillons en vue de l’avenir. Nous faisons des pas de foi.

« Si nous voulons que Dieu nous bénisse, nous devons quitter nos zones de confort. Dans nos temps de prière, et même dans la souffrance et la prière, Dieu fera naître quelque chose de nouveau… et nous irons de l’avant! »

Êtes-vous bénis?

Une dernière statistique. Actuellement, nous avons au Québec 109 églises – 67 francophones, 19 anglophones, neuf parmi les Premières Nations et 14 ethniques. Nous voulons voir cette croissance persister. Nous en reparlerons plus tard. Merci.

Pour en savoir plus sur Patrick St-Onge, cliquez ici.

Photos par Leslie Ghag. © Les Assemblées de la Pentecôte 2016

 

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Patrick St-Onge - un récit touchant de la vitalité missionnelle au Québec

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Patrick St-Onge et son traducteur le pasteur Ron Rust.

Quel plaisir d’être avec vous ce matin! Êtes-vous bénis?

Je voudrais partager aujourd’hui avec vous la Parole sur le thème de la vitalité. C’est vraiment une joie d’aborder ce sujet. Je remercie l’Équipe dirigeante de m’avoir choisi et pour ce privilège… c’est vraiment une joie.

J’ai à cœur ce matin de vous parler du passé, du présent et de l’avenir. Car si vous voulez aller de l’avant, il faut comprendre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui s’est passé. Tout ce que nous faisons est basé ou fondé sur quelqu’un d’autre. Quelqu’un a bâti un fondement, et nous avons bâti dessus. Tout dépend désormais de notre attitude et de la façon dont nous allons de l’avant.

Il arrive qu’alors que nous exerçons le ministère, Dieu nous fasse sortir de notre zone de confort. Et c’est bien là le plus difficile. Combien d’entre nous savent que nos femmes sont bonnes pour nous sortir de nos zones de confort? J’avais pris du poids et ma femme m’a regardé en disant : « Tu vas changer. » Je me suis dit Bonne chance! Mais ma santé allait en se détériorant. Ma femme m’a dit : « Allons marcher ensemble! » Elle avait un plan. Elle voulait me faire sortir de ma zone de confort, et ça a marché! J’ai perdu 35 livres!

Nos zones de confort sont dangereuses. Nous stagnons faute de savoir en sortir. Et Dieu aime nous amener là où les changements se produisent. Et face aux changements, il est avec nous – tout est par la foi, car Dieu nous pousse dans une certaine direction. Je voudrais lire 1 Samuel 1.1-11.

« Nos zones de confort sont dangereuses. Nous stagnons faute de savoir en sortir. Et Dieu aime nous amener là où les changements se produisent. »

Je voudrais lire 1 Samuel 1.1-11.

C’est une histoire très intéressante. Elle souligne vraiment le fait que Dieu commence souvent avec rien du tout. Dans les Juges, nous avons ce chaos où le peuple d’Israël n’en fait qu’à sa tête, indépendant de Dieu. Puis, dans 1 Samuel, on est encore dans ce contexte chaotique… et Dieu veut agir dans ce chaos. Et il commence par le faire chez cette famille – par une femme. Nous pouvons nous demander pourquoi Dieu commence souvent au cœur même du conflit et de la dysfonction. Mais le fait est que c’est là qu’il agit. Quand les choses sont sens dessus dessous et ne semblent avoir aucun sens, Dieu a un plan. Je ne sais pas où vous en êtes ce matin, mais je sais que, lorsque c’est le chaos dans ma vie, je demande à Dieu ce qu’il est en train de faire en moi. « Qu’es-tu en train d’accomplir? Comment peux-tu tirer quelque chose de bon de ce chaos? »

Je pense à Anne. Elle est stérile. Elle ne vit pas. Elle n’a pas d’identité. Elle a épousé un homme riche et important qui veut avoir des descendants. Mais elle ne lui en donne pas, si bien qu’il décide d’avoir une deuxième femme. Et cela provoque une tension difficile. Peninna montrait ses enfants à Anne, la provoquant ainsi chaque fois. Cette femme a vécu sous une réelle pression… avec de la haine. Elle allait souvent au temple et y passait du temps dans la prière. Le passage nous dit qu’elle pleurait, l’amertume dans l’âme. Vous est-il déjà arrivé de prier avec amertume? C’est vraiment quelque chose. Nous pouvons prier avec larmes, avec beaucoup de difficulté, mais comment prier quand on est dans l’amertume? Quand nous sommes meurtris et que nous sentons la pression monter contre nous? Et en plus, son mari vient la voir et lui dit : « Est-ce que je ne vaux pas pour toi plus que des enfants? » Il ne comprend pas sa femme. Sa rivale la déteste. Et elle vient prier au temple avec une profonde amertume. Et Éli, le sacrificateur, n’a pas davantage compris ce qui se passait; il pense qu’elle est ivre. Il semble que personne dans son entourage n’était capable de la comprendre. Tout comme dans le ministère. Nous voulons que les choses soient bien faites et toutes sortes de pressions sont exercées contre nous quand nous voulons aller de l’avant. Souvent, l’œuvre de Dieu progresse malgré le chaos et en dépit de situations extrêmement difficiles. Même face à la stérilité, Dieu est à l’œuvre. Des choses commencent à se produire… car Dieu agit.

« Souvent, l’œuvre de Dieu progresse malgré le chaos et en dépit de situations extrêmement difficiles. Même face à la stérilité, Dieu est à l’œuvre. Des choses commencent à se produire… car Dieu agit. »

Bien souvent, Dieu veut simplement que nous n’abandonnions pas. Quelle est votre attitude? Allez-vous abandonner et prendre la fuite? Je ne crois pas que cet exemple nous y invite. Anne a été capable d’apporter ce qu’elle vivait à Dieu dans la prière, toute son amertume, et Dieu a exaucé ses prières. Nous connaissons l’histoire de Samuel qui va suivre. Savez-vous que la racine du nom Samuel en hébreu signifie demander? La venue de Samuel sera donc la réponse à la prière d’Anne. Il est aussi une réponse de la prière d’une nation qui avait besoin de direction spirituelle. Ils avaient besoin de savoir que Dieu est vivant. Dieu voulait ramener cette nation à lui-même par l’œuvre qu’il avait ainsi commencée.

Quand nous considérons notre histoire, nous nous souvenons d’Azusa Street et de notre contexte historique. Tout a commencé à Azusa en 1906 avec William Seymour, un homme qui voulait plus que ce qu’il avait connu jusque-là. Il a reçu le baptême du Saint-Esprit, le parler en langues et le ministère de la guérison, qui se sont ensuite propagés à travers le monde. Suite à Azusa, nous avons aussi William Durham à Chicago. Puis Robert McAlister qui fut touché à Toronto et Ottawa et qui a eu un impact sur quelqu’un d’autre à Ottawa. Charles Baker y vivait et fut marqué par l’impact du ministère d’un seul homme. A.H. Argue était alors évangéliste et prêchait lors d’une réunion. La femme de Charles Baker fut profondément touchée et guérie d’un cancer. Le soir où elle fut guérie, elle se mit à parler en langues. La famille Baker fut transformée. Ici, nous voyons une situation de stérilité – plus de vie ni d’espoir, mais la main de Dieu est intervenue. Et un homme fut transformé. Il quitta son travail pour le ministère à temps plein. Après cela, il vint à Montréal pour y fonder Evangel qui allait devenir en quelque sorte l’église mère à Montréal. Evangel est une formidable bénédiction pour cette province, car l’évangile a rayonné au loin à partir de cette église. 

« Quand nous considérons notre histoire, nous nous souvenons d’Azusa Street et de notre contexte historique.  »

Certains Européens ont eu un impact au Québec. Philippe LeBrocq fut un homme bien particulier. Je l’ai connu quand j’étais petit dans les années 70. Il commença l’œuvre francophone par Evangel. Il y eut aussi Louis et Lucille Dutaud. Sa femme fut transformée, guérie et sauvée. Il était pasteur baptiste et sa femme fut guérie. Il a ensuite connu une transition dans son ministère pour œuvrer dans des églises qui avaient vécu le baptême du Saint-Esprit. Et ils ouvrirent la première église de Pentecôte dans les années 80. Et ce furent là nos commencements.

Le Centre évangélique fut une autre église importante ici à Montréal. Le pasteur Lassègues fut l’un de ceux qui eurent le plus grand impact dans les années 40-50. Il venait de Californie et voulait venir dans la belle province du Québec. Il est sorti de sa zone de confort. Il venait d’un endroit où il faisait de 30 à 35 degrés pour descendre à -50! Il était célibataire et bien des femmes avaient les yeux sur lui. Sa mère, qui était mariée, disait à toutes les jeunes filles qu’il ferait un bon mari, mais il resta célibataire jusqu’à la fin de ses jours. Sa vie fut réellement caractérisée par la prière – il vivait pour le ministère. Son successeur fut le pasteur Gilles Gagnon.

Gilles Gagnon fut longtemps le pasteur du Centre évangélique. Il y eut ensuite plusieurs transitions dans cette église qui a maintenant pour nom l’église Gospelvie. Le Centre évangélique fut l’église mère de beaucoup d’autres assemblées à travers la province des années 1940 à 1990. Nous y allions souvent pour les grandes conférences. C’est là que ma mère m’achetait des livres de coloriage… et je dessinais au sous-sol pendant les réunions. Tout le monde y allait. Dans l’ouest, vous avez vos églises comme Agincourt et à Calgary, mais à Montréal, c’était le Centre évangélique.

Puis arrivèrent les collèges bibliques. L’un d’eux fut inauguré en 1941. Walter Bouchard venait de l’Europe, sortant de sa zone de confort pour venir au Canada. Et il était là aux tout débuts de ce nouveau collège biblique. Puis il y eut une expansion. Nous voulons voir des nouveaux croyants entrer dans le ministère. [Le collège était] dans le secteur nord de Montréal qui  ressemblait presque à une forêt. Si vous y allez aujourd’hui, vous verrez que tout est construit. George Upton, qui était responsable des missions outre-mer et le père de Gordon Upton, vint voir ce que Dieu faisait dans le nord de cette province avec Walter Bouchard. Les jeunes frères Vachon y ont étudié et sont devenus pasteurs tout en travaillant dans la première église de Pentecôte. On peut voir qu’ils avaient la vision d’une expansion. Nous voulons sortir de nos zones de confort. Ces hommes ont décidé de servir l’œuvre de Dieu dans le ministère. L’implantation d’églises et l’expansion étaient au cœur même du collège. Il nous fallait aller là où l’évangile n’avait pas été annoncé. Mes parents ont fait partie de cette génération. Ils ont travaillé à ce niveau dans le grand nord, à Québec, Granby puis se sont établis à Laval en 1968.

Vous avez sûrement entendu parler de Robert Argue. Je l’ai connu. J’ai séjourné dans son chalet d’été. Mon père était un de ses bons amis. Robert Argue a initié le programme FLITE (French Language Intensive Training for Evangelism / Formation intensive en langue française pour l’évangélisation). L’idée était de prendre des étudiants anglophones venant de nos écoles bibliques, de les faire venir au Québec, apprendre le français à l’Université Laval à Québec, puis de les lancer dans le ministère. Cela signifiait sortir de notre zone de confort. Apprendre une nouvelle langue représente tout un défi. Aujourd’hui, nous relançons ce programme sous le nom de FIT4M avec Gary Connors. Toute une bénédiction! Mais considérons à présent le fruit de ce labeur. Combien d’églises ont été établies? Grâce au programme FLITE, au moins 20 nouvelles églises fondées alors existent toujours aujourd’hui. Quand nous sortons de nos zones de confort et que nous sommes prêts à nous investir dans un esprit de sacrifice, Dieu accomplit son œuvre.

Mais parlons d’une autre école appelée Formation Timothée. Peut-on applaudir ensemble ce bel homme sur la photo? Nous sommes ici au Carrefour chrétien de la Capitale. Une église des années 80 qui a connu une réelle expansion. Cette église a elle aussi eu tout un impact sur beaucoup d’autres à travers la province. Voici quelques-uns des hommes qui ont œuvré dans cette église à ses débuts. Allen Bowen, Don Martin, Jacques Charbonneau, Clyde Williamson, David Whittaker. Je crois que David Whittaker est lui aussi présent ici avec nous! Paul Corriveau en est le pasteur actuel. La vision de cette église était clairement d’établir une école biblique dans l’église, puis d’équiper des pasteurs avant de les déployer. C’est ainsi que l’église et l’école biblique étaient étroitement liées, ouvrant ainsi de nombreuses églises.

 Puis, en 1997, il y eut la fusion des deux écoles bibliques de la province – le Collège biblique Québec et l’Institut biblique Bérée. Ensuite, il y eut la création de notre nouveau district en 2000, avec les églises de la Conférence française et celles du District de l’est de l’Ontario et du Québec réunies. Nous avons vécu bien des choses. Mais à travers tout cela, il y a toujours eu croissance. Sortir de nos zones de confort.

Anne a vécu dans la stérilité, mais la vitalité a soudain jailli. Il semblait n’y avoir aucun espoir, aucune compréhension; les gens n’avaient aucune vision, et même son mari disait : « Il te faut accepter la réalité! » Même sa rivale disait : « Accepte les choses! Tu n’auras jamais d’enfants! » Mais elle a dit : « Non, je n’accepterai PAS la stérilité. Je ne l’accepterai PAS. J’ai une VISION pour l’avenir. Dieu ne me laissera pas stérile. Il ne me laissera pas dans ma condition. Il me donnera un avenir. Quelque chose de nouveau. Il me donnera un enfant. » Et c’est là le cri profond de mon cœur pour cette province. Nous ne pouvons pas rester où nous en sommes – il nous faut aller de l’avant. 

« Et c’est là le cri profond de mon cœur pour cette province. Nous ne pouvons pas rester où nous en sommes – il nous faut aller de l’avant. »

Mon père [Marcel St-Onge] est venu pour être le pasteur d’une église à Laval en 1968. Nous l’appelions le poulailler. Il y avait une sorte de grillage de poulailler à l’intérieur, recouvert de ciment. C’était un poulailler. Et quand mon père a décidé qu’il fallait transférer cette église à Laval, on lui a dit : « Tu veux transporter ce poulailler à Laval? » Mais ce poulailler a vu pondre beaucoup d’œufs! Il s’est mis à grandir. Puis, en 1978, nous avons dû vendre le bâtiment pour en acheter un nouveau! Et j’ai passé mon enfance et ma jeunesse dans ce nouveau bâtiment. Nous y étions entre 150 et 200 personnes.

L’église a continué de grandir mais nous avons traversé des temps difficiles. En 1988, l’église s’est divisée en plein programme de construction. C’est l’année où j’ai voulu aller à l’école biblique, mais c’était un temps de problèmes financiers terribles à cause de la division. Dieu est à l’œuvre au cœur même du chaos – ce n’est pas nous qui avons le contrôle. Je me souviens distinctement de cette période et de la douleur dans le regard de mon père. Mais il priait malgré l’amertume dans son âme. Et il a vu la main de Dieu à l’œuvre. Cela m’a aidé à aller de l’avant dans le ministère. Même quand les gens passent par des temps difficiles, ils peuvent en sortir plus forts et voir Dieu faire son œuvre.

« Je me souviens distinctement de cette période et de la douleur dans le regard de mon père. Mais il priait malgré l’amertume dans son âme. Et il a vu la main de Dieu à l’œuvre. »

La dernière phase du développement de cette église fut lorsque le troisième bâtiment fut construit en 1989. Nous connaissions de nouveau un temps formidable d’expansion. Et quand j’ai pris le pastorat dans les années 90, nous avons vu la croissance. Nous avons dû alors passer à deux cultes. Et Dieu était constamment à l’œuvre. Mais parfois, Dieu nous bousculait alors qu’il déposait quelque chose de nouveau dans mon cœur. Dieu m’a montré que mon assistant partirait, et que ce serait peut-être pour implanter une église. Et je lui ai dit : « Seigneur, je sens bien que tu nous diriges dans cette direction, mais pas maintenant, s’il te plaît… un peu plus tard. » Puis, je suis allé dîner avec Éric Lafleur, mon assistant. Et il m’a ouvert son cœur. Ce jour-là, nous avons vraiment fait alliance. Nous allions voir une église implantée à Laval. Et l’automne dernier, cela s’est réalisé! Et la vision était d’aller de l’avant! C’était la première fois que nous allions dans cette direction. Il n’y avait pas beaucoup de modèles que nous puissions suivre. J’ai pris du temps avec le pasteur Paul Corriveau à Québec, qui a pris part à certains projets d’implantation, dont celui de Ste-Foy.

Nous nous trouvons donc dans ce contexte. Si nous voulons que Dieu nous bénisse, nous devons quitter nos zones de confort. Dans nos temps de prière, et même dans la souffrance et la prière, Dieu fera naître quelque chose de nouveau… et nous irons de l’avant! Et Dieu est trop bon pour ne pas nous bénir. Il veut vraiment nous amener de l’avant. La prière de mon cœur est que nous puissions travailler ensemble au Québec dans cette direction. Je serai tellement réjoui de nous voir nous unir dans le cadre de notre initiative au niveau du Canada afin de voir de nombreuses églises implantées ici dans cette province! Car nous avons à cœur l’avenir de cette province. D’autres ont pu le faire dans le passé. Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire maintenant? Nous en sommes capables! Ensemble, nous travaillons en vue de l’avenir. Nous faisons des pas de foi.

« Si nous voulons que Dieu nous bénisse, nous devons quitter nos zones de confort. Dans nos temps de prière, et même dans la souffrance et la prière, Dieu fera naître quelque chose de nouveau… et nous irons de l’avant! »

Êtes-vous bénis?

Une dernière statistique. Actuellement, nous avons au Québec 109 églises – 67 francophones, 19 anglophones, neuf parmi les Premières Nations et 14 ethniques. Nous voulons voir cette croissance persister. Nous en reparlerons plus tard. Merci.

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Photos par Leslie Ghag. © Les Assemblées de la Pentecôte 2016