Beth Grant - imiter la compassion de Jésus

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Session plénière du mercredi soir lors du Congrès général au Palais des congrès de Montréal le 4 mai 2016

Beth Grant lors de la session plénière du mercredi soir

Je tiens à remercier tout spécialement les leaders des APDC pour cette occasion de partager ce moment bien particulier ensemble. Il y a 39 ans, une semaine après notre mariage, mon mari David Grant m’a amenée en Inde pour la première fois. Il y était déjà souvent les neuf années passées, si bien qu’il s’y sentait chez lui. J’ai grandi dans la région de Washington D.C. Mon père venait du Nouveau-Brunswick. Et ma mère avait un bel arrière-plan germano-britannique. Nous étions donc des chrétiens réservés et conservateurs.

Nous avons atterri à Calcutta en Inde. J’ai alors rencontré les Buntain, famille adoptive de David. Ma définition de la compassion et du ministère a alors volé en éclats. Nous sommes partis à pied avec Mark Buntain. Il était attiré et ému de compassion pour les plus brisés et marginalisés. Et j’ai vu là un homme de Dieu dont la compassion était audacieuse et courageuse dans une ville au nombre étourdissant de pauvres et de malheureux. La compassion de Mark était risquée. Jamais ennuyeuse. Et toujours indissociable de sa passion pour son Jésus. Je l’ai vu dans les rues. Je l’ai vu aussi le mercredi et le dimanche alors qu’il explosait derrière le pupitre.

J’ai alors réalisé à quel point ma compassion était pâle. J’ai ainsi été mise au défi et convaincue. J’ai pris conscience de ma définition pâle, passive et faible que j’avais de la compassion quand il s’agissait du ministère et de la mission de Jésus. La compassion de Jésus n’avait rien de mièvre. Elle provoquait les portes de l’enfer. Elle était audacieuse. Elle changeait des vies. La compassion qui vient du cœur de Dieu n’est pas « cute » et tout en douceur. Elle met les portes de l’enfer au défi.

 

« La compassion qui vient du cœur de Dieu n’est pas "cute" et tout en douceur. Elle met les portes de l’enfer au défi. »

 

Il se tenait au milieu même de l’enfer. Le mal était tangible. Intimidant. Destructeur. Réel. [Des femmes qui servent d’esclaves sexuelles et dont les enfants se cachent sous leur lit pendant qu’elles servent leurs clients.] Il a appelé un jour en me disant : « Pouvez-vous prendre 37 filles de 3 à 12 ans? » Sans plan ni stratégie, nous savions que ces filles étaient sur le cœur de Dieu. Il s’est réjoui au jour de leur naissance. Le diable cherche à les détruire. Mais Jésus a un autre plan. Quelles que soient les circonstances qui entourent la naissance d’un garçon ou d’une fille, il n’y en a qu’un qui donne la vie. Chaque enfant et femme en ce monde qui a reçu la vie l’a reçue de son Père.

Ce soir-là, Project Rescue est né avec 37 petites filles. C’était miraculeux. Grâce à des hommes et des femmes de Dieu qui ont pris soin d’elles avec amour. En quelques semaines, elles ont rencontré Jésus. Elles apprirent à prier et furent remplies de l’Esprit. Elles savaient crier à Jésus et prier dans l’Esprit. Dès l’âge de 5 à 7 ans. Ces petites filles ont commencé à intercéder pour la délivrance de leur mère.  Alors que ces mères virent comment ces petites filles commençaient à s’épanouir, avec quel amour et quelle attention leurs enfants étaient traitées, elles se mirent à oser croire qu’il y avait aussi un espoir pour elles.

Des femmes ont commencé à sortir de l’esclavage pour découvrir la liberté en Jésus-Christ. Ces 20 années passées, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont ainsi trouvé leur liberté. Bien plus qu’une liberté seulement physique. Voyez-vous, l’esclavage est bien plus que physique. Des millions à travers le monde sont ce soir esclaves du sexe, un esclavage physique. De nombreux programmes tentent de sortir les femmes de cet esclavage pour les amener en lieu sûr. Mais seul Jésus peut sortir le bordel du cœur de ces femmes, de leur esprit et de leur pensée. Si quelqu’un est en Christ, homme, femme, garçon, fille, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles!

 

« De nombreux programmes tentent de sortir les femmes de cet esclavage pour les amener en lieu sûr. Mais seul Jésus peut sortir le bordel du cœur de ces femmes, de leur esprit et de leur pensée. »

 

Ils appellent à présent d’autres femmes à sortir de ces lieux de ténèbres. «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour… proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés » (Luc 4.18).

La Pentecôte a un objectif missionnel. Les gens me disent : « Nous sommes pentecôtistes et nous en sommes fiers. » Ne me dites pas combien vous êtes pentecôtistes ici à l’intérieur… dites-moi comment vous êtes pentecôtistes là dehors. C’est là où règne Satan qu’il y a le plus besoin de l’onction. Mes amis, nous avons actuellement une opportunité extraordinaire. Et un défi extraordinaire. Nous vivons dans un monde de plus en plus envahi de désespérance. La loi et l’ordre sont bafoués, la brutalité et la pornographie sévissent. La tactique  de l’ennemi est de plus en plus agressive et destructive. La tempête fait rage. Une tempête qui monte en puissance. Et je vous mets au défi ce soir. Nous ne pouvons pas attendre pour accomplir la mission de Dieu. Cette tempête ne s’arrêtera pas. Il y a quelque chose de prophétique au temps que nous vivons. Nous ne pouvons pas attendre que la tempête se calme. La tempête est le cadre dans lequel Dieu vous nous menions à bien sa mission. La tempête est la nouvelle norme.

 

« Il y a quelque chose de prophétique au temps que nous vivons. Nous ne pouvons pas attendre que la tempête se calme. La tempête est le cadre dans lequel Dieu vous nous menions à bien sa mission. La tempête est la nouvelle norme. »

 

Nous avons par inadvertance désarmé l’évangile en fragmentant ce qui constitue en fait une seule mission significative. Certains d’entre nous sont appelés à prêcher. Certains à être pasteurs. Certains à implanter des églises. Certains à former des disciples. Certains au ministère urbain. Certains au ministère rural. Certains à des ministères de compassion. Mais mes amis, la mission ne fait qu’un. Jésus est venu avec une seule mission. Il l’a exprimée sous différentes formes.

Il n’a pas enduré une mort horrible pour une rédemption fragmentée… Jésus est mort pour la personne entière. Il veut prendre soin de toute la personne. Il ne suffit pas de compter des âmes. Jésus nous a appelés à sauver des personnes dans notre communauté. Des personnes entières. Des personnes qui ont besoin de Jésus.

La semaine passée, en Espagne, on m’a demandé de prier pour une belle jeune femme mais dont les yeux étaient morts. Elle avait été kidnappée à l’âge de huit ans par des terroristes et avait servi d’esclave sexuel depuis cet âge-là. Elle se tournait maintenant vers Jésus. Mais il lui fallait plus que Jésus pour toucher son esprit. Elle a été détruite dans son corps, son âme et son esprit par l’ennemi. Et alors qu’elle se tenait là, morte, parce que quelque chose en elle avait dû mourir pour survivre au viol, jour après jour après jour, alors que je la tenais dans mes bras, j’ai commencé à prier pour elle et à crier vers Jésus. À cause de la mort que je voyais dans ses yeux, l’esclavage, le traumatisme, elle avait besoin de tout Jésus. Elle avait besoin de toutes ses promesses. De tout l’évangile. Besoin d’entendre sa Parole prêchée. Besoin d’apprendre à devenir son disciple. Mais elle a besoin de compassion. De cette compassion qui change toute une vie.

Ils ont besoin de tout l’évangile – et de nous tous. En train de faire ce que Dieu appelle chacun de nous à faire. Sans essayer d’équilibrer les principes du ministère. Comment peut-on équilibrer un élément isolé? Dieu nous a appelés à faire ce que nous devons avec tout ce qui est en nous, sans prioriser le ministère les uns des autres. Jésus se chargera de faire ce que lui seul peut faire.

Nous devons être prêts à nous approcher. Prêts à nous approcher de ceux qui sont en colère. Des riches, des pauvres. Des orphelins, des victimes d’abus. Des sceptiques, des moqueurs. Des immigrants. Des malades. Des religieux. De ceux qui rejettent tout ce que nous sommes. Ceux qui rejettent tout ce que nous représentons. Jésus nous appelle à nous rapprocher.

 

« Nous devons être prêts à nous approcher. Prêts à nous approcher de ceux qui sont en colère. Des riches, des pauvres. Des orphelins, des victimes d’abus. Des sceptiques, des moqueurs. Des immigrants. Des malades. Des religieux. De ceux qui rejettent tout ce que nous sommes. »

 

Notre fille Jennifer était étudiante en soins infirmiers et pendant ses études, elle a voulu retourner à Calcutta. Elle voulait servir comme bénévole dans le foyer de Mère Teresa pour les pauvres et les mourants. Je savais que ce serait dur… une chaleur extrême, pas d’électricité, des femmes amenées sur des paillasses pour leur permettre de mourir avec dignité.

Un jour, alors que je lui demandais comment ça allait, elle ma répondu : « Maman, aujourd’hui, j’ai dû prendre une décision. Alors que j’étais là à circuler au milieu de ces femmes, essayant de laver certaines, il m’est arrivé quelque chose de déconcertant. » Des femmes ont commencé à s’agripper à sa jupe longue. Mais nous, Américains, nous tenons à notre espace. Nous avons besoin de notre espace privé. « Ma première réaction, me dit-elle, fut de m’écarter et d’essayer d’aller plus loin. » Mais ensuite, elle s’est posé la question : « Attends une minute, pourquoi es-tu ici? » Elle décida alors que dès qu’une autre femme agripperait sa jupe, elle s’arrêterait et s’agenouillerait. Il y avait là une de ces femmes mourantes. Une femme dans un monde d’hommes. Et elle vivait à présent ses dernières heures. Elle ajouta : « Quand je me suis agenouillée près d’elle, elle a pris ma main et l’a approchée de son visage. Elle ne savait même pas si cette femme pouvait la reconnaître physiquement. Mais elle tira sa main et la pressa bien fort sur sa joue. Ma fille ajouta : « Maman, j’ai réalisé soudain que tout ce qu’elle voulait, c’était un contact humain. Elle voulait sentir ma main sur son visage. Mais Maman, j’avais mes gants stériles. » Comme toute bonne étudiante en soins infirmiers occidentale, elle portait des gants stériles. « Maman, je les ai enlevés. Je les ai remis dans ma valise. Il faut que je fasse confiance à Jésus. Je ne peux pas aller si loin, là où les gens meurent et veulent me toucher, et porter des gants stériles. »

Églises, pasteurs, hommes et femmes de Dieu, notre monde a désespérément besoin d’être touchés par Jésus-Christ. Il nous arrive d’aller jusqu’au bout du monde sans jamais nous approcher. Il nous faut nous approcher. Le cœur de notre Père est brisé. Enlever nos gants est risqué, mais Dieu nous appelle à être Jésus pour ces gens. Je suis si reconnaissante que Jésus n’est pas venu vers Beth Grant avec des  gants stériles! Il est temps de vivre le plein évangile. Temps d’être revêtu de son onction. Temps de vivre une onction fraîche et puissante pour accomplir sa mission. Et il est temps d’aller vers ceux qui sont le plus brisés. L’Esprit du Seigneur est sur nous. Approchons-nous du cœur du Père, afin que nous puissions nous approcher du cœur de ceux qu’il nous appelle à toucher.

 

« Églises, pasteurs, hommes et femmes de Dieu, notre monde a désespérément besoin d’être touchés par Jésus-Christ. »

 

Jennifer a souffert du pire cas de parasite qu’elle a jamais connu. Mais nous pouvons faire face à cela… quel que soit le risque, nous devons obéir et faire courageusement ce que Dieu nous appelle à faire, sans hésitation, sans crainte. Faire des pas de fois que nous n’avons jamais faits auparavant. C’est la nuit et la tempête… l’obscurité va s’épaissir encore,,, mais c’est le jour de Dieu. Alors que nous allons ensemble de l’avant dans la foi, les captifs seront affranchis. Merci, Jésus. Alléluia. Et à Dieu soit la gloire.

Cliquez ici pour en savoir plus sur Beth Grant.

Photo par Leslie Ghag. © Les Assemblées de la Pentecôte du Canada 2016

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Session plénière du mercredi soir lors du Congrès général au Palais des congrès de Montréal le 4 mai 2016

Beth Grant lors de la session plénière du mercredi soir

Je tiens à remercier tout spécialement les leaders des APDC pour cette occasion de partager ce moment bien particulier ensemble. Il y a 39 ans, une semaine après notre mariage, mon mari David Grant m’a amenée en Inde pour la première fois. Il y était déjà souvent les neuf années passées, si bien qu’il s’y sentait chez lui. J’ai grandi dans la région de Washington D.C. Mon père venait du Nouveau-Brunswick. Et ma mère avait un bel arrière-plan germano-britannique. Nous étions donc des chrétiens réservés et conservateurs.

Nous avons atterri à Calcutta en Inde. J’ai alors rencontré les Buntain, famille adoptive de David. Ma définition de la compassion et du ministère a alors volé en éclats. Nous sommes partis à pied avec Mark Buntain. Il était attiré et ému de compassion pour les plus brisés et marginalisés. Et j’ai vu là un homme de Dieu dont la compassion était audacieuse et courageuse dans une ville au nombre étourdissant de pauvres et de malheureux. La compassion de Mark était risquée. Jamais ennuyeuse. Et toujours indissociable de sa passion pour son Jésus. Je l’ai vu dans les rues. Je l’ai vu aussi le mercredi et le dimanche alors qu’il explosait derrière le pupitre.

J’ai alors réalisé à quel point ma compassion était pâle. J’ai ainsi été mise au défi et convaincue. J’ai pris conscience de ma définition pâle, passive et faible que j’avais de la compassion quand il s’agissait du ministère et de la mission de Jésus. La compassion de Jésus n’avait rien de mièvre. Elle provoquait les portes de l’enfer. Elle était audacieuse. Elle changeait des vies. La compassion qui vient du cœur de Dieu n’est pas « cute » et tout en douceur. Elle met les portes de l’enfer au défi.

 

« La compassion qui vient du cœur de Dieu n’est pas "cute" et tout en douceur. Elle met les portes de l’enfer au défi. »

 

Il se tenait au milieu même de l’enfer. Le mal était tangible. Intimidant. Destructeur. Réel. [Des femmes qui servent d’esclaves sexuelles et dont les enfants se cachent sous leur lit pendant qu’elles servent leurs clients.] Il a appelé un jour en me disant : « Pouvez-vous prendre 37 filles de 3 à 12 ans? » Sans plan ni stratégie, nous savions que ces filles étaient sur le cœur de Dieu. Il s’est réjoui au jour de leur naissance. Le diable cherche à les détruire. Mais Jésus a un autre plan. Quelles que soient les circonstances qui entourent la naissance d’un garçon ou d’une fille, il n’y en a qu’un qui donne la vie. Chaque enfant et femme en ce monde qui a reçu la vie l’a reçue de son Père.

Ce soir-là, Project Rescue est né avec 37 petites filles. C’était miraculeux. Grâce à des hommes et des femmes de Dieu qui ont pris soin d’elles avec amour. En quelques semaines, elles ont rencontré Jésus. Elles apprirent à prier et furent remplies de l’Esprit. Elles savaient crier à Jésus et prier dans l’Esprit. Dès l’âge de 5 à 7 ans. Ces petites filles ont commencé à intercéder pour la délivrance de leur mère.  Alors que ces mères virent comment ces petites filles commençaient à s’épanouir, avec quel amour et quelle attention leurs enfants étaient traitées, elles se mirent à oser croire qu’il y avait aussi un espoir pour elles.

Des femmes ont commencé à sortir de l’esclavage pour découvrir la liberté en Jésus-Christ. Ces 20 années passées, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont ainsi trouvé leur liberté. Bien plus qu’une liberté seulement physique. Voyez-vous, l’esclavage est bien plus que physique. Des millions à travers le monde sont ce soir esclaves du sexe, un esclavage physique. De nombreux programmes tentent de sortir les femmes de cet esclavage pour les amener en lieu sûr. Mais seul Jésus peut sortir le bordel du cœur de ces femmes, de leur esprit et de leur pensée. Si quelqu’un est en Christ, homme, femme, garçon, fille, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles!

 

« De nombreux programmes tentent de sortir les femmes de cet esclavage pour les amener en lieu sûr. Mais seul Jésus peut sortir le bordel du cœur de ces femmes, de leur esprit et de leur pensée. »

 

Ils appellent à présent d’autres femmes à sortir de ces lieux de ténèbres. «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour… proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés » (Luc 4.18).

La Pentecôte a un objectif missionnel. Les gens me disent : « Nous sommes pentecôtistes et nous en sommes fiers. » Ne me dites pas combien vous êtes pentecôtistes ici à l’intérieur… dites-moi comment vous êtes pentecôtistes là dehors. C’est là où règne Satan qu’il y a le plus besoin de l’onction. Mes amis, nous avons actuellement une opportunité extraordinaire. Et un défi extraordinaire. Nous vivons dans un monde de plus en plus envahi de désespérance. La loi et l’ordre sont bafoués, la brutalité et la pornographie sévissent. La tactique  de l’ennemi est de plus en plus agressive et destructive. La tempête fait rage. Une tempête qui monte en puissance. Et je vous mets au défi ce soir. Nous ne pouvons pas attendre pour accomplir la mission de Dieu. Cette tempête ne s’arrêtera pas. Il y a quelque chose de prophétique au temps que nous vivons. Nous ne pouvons pas attendre que la tempête se calme. La tempête est le cadre dans lequel Dieu vous nous menions à bien sa mission. La tempête est la nouvelle norme.

 

« Il y a quelque chose de prophétique au temps que nous vivons. Nous ne pouvons pas attendre que la tempête se calme. La tempête est le cadre dans lequel Dieu vous nous menions à bien sa mission. La tempête est la nouvelle norme. »

 

Nous avons par inadvertance désarmé l’évangile en fragmentant ce qui constitue en fait une seule mission significative. Certains d’entre nous sont appelés à prêcher. Certains à être pasteurs. Certains à implanter des églises. Certains à former des disciples. Certains au ministère urbain. Certains au ministère rural. Certains à des ministères de compassion. Mais mes amis, la mission ne fait qu’un. Jésus est venu avec une seule mission. Il l’a exprimée sous différentes formes.

Il n’a pas enduré une mort horrible pour une rédemption fragmentée… Jésus est mort pour la personne entière. Il veut prendre soin de toute la personne. Il ne suffit pas de compter des âmes. Jésus nous a appelés à sauver des personnes dans notre communauté. Des personnes entières. Des personnes qui ont besoin de Jésus.

La semaine passée, en Espagne, on m’a demandé de prier pour une belle jeune femme mais dont les yeux étaient morts. Elle avait été kidnappée à l’âge de huit ans par des terroristes et avait servi d’esclave sexuel depuis cet âge-là. Elle se tournait maintenant vers Jésus. Mais il lui fallait plus que Jésus pour toucher son esprit. Elle a été détruite dans son corps, son âme et son esprit par l’ennemi. Et alors qu’elle se tenait là, morte, parce que quelque chose en elle avait dû mourir pour survivre au viol, jour après jour après jour, alors que je la tenais dans mes bras, j’ai commencé à prier pour elle et à crier vers Jésus. À cause de la mort que je voyais dans ses yeux, l’esclavage, le traumatisme, elle avait besoin de tout Jésus. Elle avait besoin de toutes ses promesses. De tout l’évangile. Besoin d’entendre sa Parole prêchée. Besoin d’apprendre à devenir son disciple. Mais elle a besoin de compassion. De cette compassion qui change toute une vie.

Ils ont besoin de tout l’évangile – et de nous tous. En train de faire ce que Dieu appelle chacun de nous à faire. Sans essayer d’équilibrer les principes du ministère. Comment peut-on équilibrer un élément isolé? Dieu nous a appelés à faire ce que nous devons avec tout ce qui est en nous, sans prioriser le ministère les uns des autres. Jésus se chargera de faire ce que lui seul peut faire.

Nous devons être prêts à nous approcher. Prêts à nous approcher de ceux qui sont en colère. Des riches, des pauvres. Des orphelins, des victimes d’abus. Des sceptiques, des moqueurs. Des immigrants. Des malades. Des religieux. De ceux qui rejettent tout ce que nous sommes. Ceux qui rejettent tout ce que nous représentons. Jésus nous appelle à nous rapprocher.

 

« Nous devons être prêts à nous approcher. Prêts à nous approcher de ceux qui sont en colère. Des riches, des pauvres. Des orphelins, des victimes d’abus. Des sceptiques, des moqueurs. Des immigrants. Des malades. Des religieux. De ceux qui rejettent tout ce que nous sommes. »

 

Notre fille Jennifer était étudiante en soins infirmiers et pendant ses études, elle a voulu retourner à Calcutta. Elle voulait servir comme bénévole dans le foyer de Mère Teresa pour les pauvres et les mourants. Je savais que ce serait dur… une chaleur extrême, pas d’électricité, des femmes amenées sur des paillasses pour leur permettre de mourir avec dignité.

Un jour, alors que je lui demandais comment ça allait, elle ma répondu : « Maman, aujourd’hui, j’ai dû prendre une décision. Alors que j’étais là à circuler au milieu de ces femmes, essayant de laver certaines, il m’est arrivé quelque chose de déconcertant. » Des femmes ont commencé à s’agripper à sa jupe longue. Mais nous, Américains, nous tenons à notre espace. Nous avons besoin de notre espace privé. « Ma première réaction, me dit-elle, fut de m’écarter et d’essayer d’aller plus loin. » Mais ensuite, elle s’est posé la question : « Attends une minute, pourquoi es-tu ici? » Elle décida alors que dès qu’une autre femme agripperait sa jupe, elle s’arrêterait et s’agenouillerait. Il y avait là une de ces femmes mourantes. Une femme dans un monde d’hommes. Et elle vivait à présent ses dernières heures. Elle ajouta : « Quand je me suis agenouillée près d’elle, elle a pris ma main et l’a approchée de son visage. Elle ne savait même pas si cette femme pouvait la reconnaître physiquement. Mais elle tira sa main et la pressa bien fort sur sa joue. Ma fille ajouta : « Maman, j’ai réalisé soudain que tout ce qu’elle voulait, c’était un contact humain. Elle voulait sentir ma main sur son visage. Mais Maman, j’avais mes gants stériles. » Comme toute bonne étudiante en soins infirmiers occidentale, elle portait des gants stériles. « Maman, je les ai enlevés. Je les ai remis dans ma valise. Il faut que je fasse confiance à Jésus. Je ne peux pas aller si loin, là où les gens meurent et veulent me toucher, et porter des gants stériles. »

Églises, pasteurs, hommes et femmes de Dieu, notre monde a désespérément besoin d’être touchés par Jésus-Christ. Il nous arrive d’aller jusqu’au bout du monde sans jamais nous approcher. Il nous faut nous approcher. Le cœur de notre Père est brisé. Enlever nos gants est risqué, mais Dieu nous appelle à être Jésus pour ces gens. Je suis si reconnaissante que Jésus n’est pas venu vers Beth Grant avec des  gants stériles! Il est temps de vivre le plein évangile. Temps d’être revêtu de son onction. Temps de vivre une onction fraîche et puissante pour accomplir sa mission. Et il est temps d’aller vers ceux qui sont le plus brisés. L’Esprit du Seigneur est sur nous. Approchons-nous du cœur du Père, afin que nous puissions nous approcher du cœur de ceux qu’il nous appelle à toucher.

 

« Églises, pasteurs, hommes et femmes de Dieu, notre monde a désespérément besoin d’être touchés par Jésus-Christ. »

 

Jennifer a souffert du pire cas de parasite qu’elle a jamais connu. Mais nous pouvons faire face à cela… quel que soit le risque, nous devons obéir et faire courageusement ce que Dieu nous appelle à faire, sans hésitation, sans crainte. Faire des pas de fois que nous n’avons jamais faits auparavant. C’est la nuit et la tempête… l’obscurité va s’épaissir encore,,, mais c’est le jour de Dieu. Alors que nous allons ensemble de l’avant dans la foi, les captifs seront affranchis. Merci, Jésus. Alléluia. Et à Dieu soit la gloire.

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Photo par Leslie Ghag. © Les Assemblées de la Pentecôte du Canada 2016