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Le mythe d’être « omnicompétent »

De la part de notre Surintendant général

Photo of David Wells

Les derniers mois nous ont donné une occasion très concrète, tant sur le plan personnel qu’en tant que Fraternité, de revoir nos façons de faire. Après réflexion, il est évident que nous n’avons pas répondu aux attentes raisonnables voulant que des responsables comme moi supervisent notre processus de renouvellement des systèmes internes. Au nom de notre équipe de direction, je vous présente mes sincères excuses. Nous reconnaissons la confusion et la peine que cette situation a causées à notre famille pentecôtiste, notamment aux ouvriers et organismes missionnaires, aux donateurs, aux pasteurs et aux églises, aux titulaires accrédités, aux fournisseurs et aux membres du personnel. C’est donc avec larmes, humilité et une détermination renouvelée que nous avons décidé d’élargir la portée de notre démarche afin de trouver l’expertise et les ressources nécessaires pour mettre en place et continuer à développer un système financier et de gestion des données qui répondra efficacement à nos besoins à long terme. Au moment où j’écris cet article, il reste encore un long chemin à parcourir. Cependant, grâce à l’aide de personnes qualifiées, un travail assidu est accompli et des progrès ont déjà été réalisés.

Dans mon examen personnel de ce processus, j’ai une fois de plus réévalué mes propres attentes. Comme je le fais depuis des décennies, je cherche à tirer des leçons tant des expériences douloureuses que des réussites plus réjouissantes.

Je me suis ainsi replongé dans un concept que j’avais présenté dans cette revue il y a quatre ans, alors que je rendais hommage à l’un de mes prédécesseurs bien-aimés, Robert W. Taitinger :

Nous avons tendance à vouloir compiler les différents modèles de leadership que nous pouvons observer dans notre culture et à nous attendre à les retrouver chez les pasteurs, les ouvriers missionnaires et les responsables de ministères spécialisés. Ainsi, nous nous attendons par exemple, qu’un pasteur ou un ministre joue à la fois le rôle de PDG, de coach, de motivateur et d’aumônier pour la famille, voire de dirigeant visionnaire doté de compétences dans tous les domaines. Mais comme je le rappelle souvent aux conseils d’administration des églises et des ministères : « Il n’y a eu qu’un seul leader qui avait toutes les compétences, et nous l’avons crucifié [1]! »

Pour bon nombre d’entre nous, Robert W. Taitinger était l’une des rares personnes qui se rapprochait le plus des caractéristiques du leader omnicompétent, mais personne plus que lui n’aurait refusé qu’on lui attribue un tel titre!

À la lumière de mes dernières réflexions, il est clair que l’Église, en tant que corps de Christ, accomplit sa mission lorsque diverses personnes remplies de dons et qui répondent à leur appel mettent en commun leurs compétences particulières, afin de réaliser la vision et la mission que le Seigneur leur a confiées. Aucune personne en particulier n’est omnicompétente malgré son appel et ses dons, et doit, par conséquent, rester dépendante des autres qui servent avec compétence dans leur appel particulier.

Les Écritures l’expriment ainsi dans 1 Corinthiens 12.12-20 :

Le corps forme un tout mais a pourtant plusieurs organes, et tous les organes du corps, malgré leur grand nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en va de même pour Christ. En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps et nous avons tous bu à un seul Esprit. Ainsi, le corps n’est pas formé d’un seul organe, mais de plusieurs.

Si le pied disait : « Puisque je ne suis pas une main, je n’appartiens pas au corps », ne ferait-il pas partie du corps pour autant? Et si l’oreille disait : « Puisque je ne suis pas un œil, je n’appartiens pas au corps », ne ferait-elle pas partie du corps pour autant? Si tout le corps était un œil, où serait l’ouïe? S’il était tout entier l’ouïe, où serait l’odorat? En fait, Dieu a placé chacun des organes dans le corps comme il l’a voulu. S’ils étaient tous un seul organe, où serait le corps? Il y a donc plusieurs organes, mais un seul corps.

Quelle que soit la tâche que nous accomplissons ensemble au sein de la famille de Dieu, qu’il s’agisse d’une église locale qui, en tant que corps vivant adorant Dieu, rejoint sa communauté avec la Bonne Nouvelle de Jésus, d’une équipe d’ouvriers missionnaires qui exerce un impact pour le Royaume dans un contexte où Jésus n’est pas connu, ou encore d’un projet administratif visant à soutenir la mission de l’Église (y compris les mises à niveau de systèmes!), chaque membre du corps qui est appelé doit mettre ses dons en action pour accomplir sa part et voir la mission se réaliser. De plus, chaque membre doit être lié aux autres, tout comme les parties intégrées d’un corps humain en santé, qui accomplissent chacune leur rôle. À l’instant où une personne, qui fait partie d’une chaîne de plusieurs personnes, pense ne pas avoir besoin des autres et se dit : « je suis omnicompétent », une rupture se produit. Le « complexe du Messie » n’a pas sa place dans l’Église, car il nuit en réalité à la mission de Dieu! Ainsi, en tant que serviteurs de Jésus, nous accomplissons notre appel comme membres du corps de Christ tout en donnant aux autres les moyens d’accomplir leur part et en leur faisant confiance, tout en nous soumettant à la gouvernance de Jésus.

En faisant preuve de ce profond respect pour l’ensemble du corps de Christ, avec toute cette diversité en matière d’appels et de dons, un leader comme moi a la responsabilité de superviser ces « parties du corps » et de veiller à leur interconnexion, permettant ainsi à l’Église d’accomplir sa mission. Cela est vrai pour chacun de nous, que nous servions à un poste de supervision, dans les églises locales, dans les ministères spécialisés et missionnels, dans les collèges et les séminaires, ainsi que dans les divers bureaux qui servent ces ministères. Lorsque nous échouons, nous devons honnêtement le reconnaître devant le Seigneur et devant son peuple, et être humblement déterminés à servir avec davantage de connaissance, de compréhension et de sagesse (Proverbes 2.1-11).

Seigneur, entends ma prière alors que je reconnais à nouveau la grandeur de ton appel, que j’admets mes lacunes et que je prie pour recevoir ta sagesse et ta puissance afin de servir ton peuple, pour que, tous ensemble, nous puissions accomplir la mission à laquelle tu nous as appelés. Que nous soyons ceux que tu appelles à être et servir en fonction des dons que tu nous as accordés. Sois particulièrement aux côtés de ceux d’entre nous qui sont appelés à servir comme responsables. Pour ta gloire, Seigneur. Amen.

1. David Wells, « Wanted: Good Shepherds », testimony/Enrich, volume 103, n° 3, juillet/août/septembre 2022, p. 49.

Cet article a été écrit par David Wells, surintendant général des Assemblées de la Pentecôte du Canada. Cet article a été publié dans l’édition d'automne 2026 de testimony/Enrich, la publication trimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. ©2026 The Pentecostal Assemblies of Canada. Visitez www.testimonyenrich.ca.