Priorité, jeûne et « infobésité »
Plus que jamais, le renoncement à soi est contre-culturel. Selon la conception chrétienne du moi, notre plein potentiel se réalise lorsque nous concentrons notre dévotion sur Jésus et vivons une vie d’adoration et de service plutôt que d’être absorbés par un agenda qui tourne autour de l’épanouissement personnel. Il ne s’agit pas de se haïr soi-même ni de renoncer à prendre soin de soi, mais de s’assurer que l’on vit pleinement sa vie, à la « manière de Jésus ».
Paul a expliqué que la manière presque paradoxale de vivre pleinement sa vie est d’être prêt à renoncer aux choses qui nous empêchent de connaître Christ dans toutes les dimensions possibles :
Mais ces qualités qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ. Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. À cause de lui je me suis laissé dépouiller de tout et je considère tout cela comme des ordures afin de gagner Christ et d’être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi. Ainsi je connaîtrai Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort pour parvenir, d’une manière ou d’une autre, à la résurrection des morts.
Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix ou que j’aie déjà atteint la perfection, mais je cours pour tâcher de m’en emparer, puisque de moi aussi, Jésus-Christ s’est emparé. Frères et sœurs, je n’estime pas m’en être moi-même déjà emparé, mais je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant, je cours vers le but pour remporter le prix de l’appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. (Philippiens 3.7-14, caractère gras ajouté).
Certaines disciplines nous aident tout particulièrement à nous concentrer sur notre appel premier à le connaître dans toutes ses dimensions. J’ai lu le livre de ma collègue Anne Yank, Le jeûne : clés et victoires, dans lequel elle nous rappelle que les Écritures relatent constamment les histoires de leaders importants (Daniel, Néhémie, Jésus et d’autres) qui renoncent à eux-mêmes par le jeûne afin de se concentrer sur « une chose ».
J’associe ce principe intemporel de simplification de nos vies et de notre diète pour connaître Christ aux réflexions d’un autre collègue, Andy Gabruch. Dans ses écrits sur « l’infobésité [1] », il souligne que nous devons équiper les familles, les églises et les ministères afin qu’ils puissent tisser des liens avec les jeunes femmes et les jeunes hommes et les accompagner à une époque saturée par le numérique. Le mode de vie surstimulé et « toujours connecté » de beaucoup de gens, en particulier les jeunes, crée des personnes anxieuses, qui ont tendance à se comparer aux autres et qui recherchent sans cesse la paix et l’épanouissement personnel tout en adoptant des activités et des modes de vie qui vont dans une direction diamétralement opposée.
Une sagesse intemporelle nous parle : « Je demande à l’Éternel une chose, que je désire ardemment : je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Éternel, pour contempler la beauté de l’Éternel et pour admirer son temple » (Psaume 27.4, caractère gras ajouté). Il est souhaitable de modifier radicalement nos modes de vie en simplifiant nos centres d’intérêt et nos activités. Ils constituent également des marqueurs historiques de vies centrées sur la spiritualité, où l’amour de Dieu et des autres est au cœur de l’identité.
Jésus était libre de servir. Les vérités de la vie de simplicité et de solitude de Jésus que j’ai abordées dans le livre Si Jésus, résonnent encore dans mon cœur et mon esprit :
Quand je réserve du temps pour me concentrer sur les besoins et les personnes spécifiques pour lesquels Jésus m’a appelé, j’éprouve souvent la joie d’être libre de servir. Ce n’est pas toujours le cas, bien entendu, mais je trouve formidable de voir comment, au cours de ces moments de simplicité, je suis tout à coup à l’écoute des rendez-vous divins dans ma journée. Il y a des conversations, des occasions de témoigner, de prier ou d’exercer la générosité que je n’aurais jamais vues si je ne m’étais pas concentré sur les choses importantes. À quoi pourrait ressembler une vie de simplicité pour vous en ce moment? Éprouvez-vous la joie d’être libre de servir notre Seigneur et son Royaume [2]?
Je vous invite à appliquer immédiatement ces principes en faisant « une chose ». Remplacez une activité par un temps de prière et de louange et réfléchissez à ce que le Seigneur vous demande de mettre en priorité dans cette saison de votre vie. Plus important encore, découvrez Christ dans ce moment sacré car, avant tout, il s’agit de « la chose ». Ainsi, nous prions ensemble cette prière :
« Oh, je veux te connaître plus
Au plus profond de mon âme, je veux te connaître
Oh, je veux te connaître
Et je donnerais mon dernier souffle
Pour te connaître dans ta mort et ta résurrection
Oh, je veux te connaître plus
Oh, je veux te connaître plus [3]. »
1. Infobesity: How to Be Followers of Jesus in an Information Overload World est disponible en ligne chez Wipf and Stock Publishers et sur Amazon. Des ressources en ligne sont disponibles sur https://andygabruch.com/ducoconversations/category/Infobesity.
2. David Wells, Si Jésus… Revisiter une question qui change la vie (Les Assemblées de la Pentecôte du Canada, 2020), 79.
3. Steve Fry, « Oh I Want to Know You More », piste 5 sur We Are Called, Sparrow Records, 1983, disque compact.
Cet article a été écrit par David Wells, surintendant général des Assemblées de la Pentecôte du Canada. Cet article a été publié dans l’édition de l'hiver 2025 de testimony/Enrich, la publication trimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. ©2025 The Pentecostal Assemblies of Canada. Visitez www.testimonyenrich.ca.